Aujourd’hui, le premier article d’une série très importante à mes yeux, car elle permettra, j’en suis certaine, à nombre d’entre vous, de constater à quel point la thérapie peut aider, soulager, permettre de comprendre et avancer toujours plus loin. Evidemment, une thérapie n’est pas une recette miracle. Ce qu’elle est, vous le découvrirez au fil de votre lecture…
Bonjour à vous, Manon. Je suis ravie que vous preniez ce temps d’échange pour partager un peu de votre expérience vis à vis des thérapies. Je sais que vous en avez expérimenté un certain nombre, et je reste convaincue que votre parcours peut aider d’autres personnes à savoir se lancer, à leur tour. Commençons ensemble à démêler votre fil.

Qu’est-ce qui vous a amené à entreprendre une thérapie à ce moment de votre vie ? Vous pouvez simplement évoquer le contexte, sans raconter l’événement lui-même.
J’ai été reçu par beaucoup de psychologues et psychiatres, seulement, tous les 2 ans, les crises d’angoisses, les déprimes et la sensation d’être à nouveau perdue, refaisaient surface. J’étais déjà abonnée à votre compte mais intérieurement je sentais que je devais entamer un chemin thérapeutique avec vous. Et, je ne regrette en rien. Vous m’avez laissé l’espace pour installer de la confiance, vous m’avez reçu en me laissant du temps pour parler de ce qui m’encombrait et pour donner du sens à ce que je ressentais, ce qui n’était pas le cas auparavant dans mes précédentes thérapies. Rien que pour ça, merci !
Avant de commencer, comment ce que vous traversiez se manifestait-il dans votre quotidien ? Dans vos émotions, vos relations, votre corps ou vos habitudes, par exemple.
Entre mes boulots où je ne me sentais pas à ma place et une famille éclatée avec très peu de stabilité pour m’y sentir ancrée et en sécurité, je finissais toujours par m’auto-saboter, m’effacer et je me disais que j’étais incapable d’être satisfaite de l’endroit où j’étais et avec qui j’étais. Mes émotions me donnaient l’impression d’être bipolaire alors que j’aime profondément l’humain, ce qui a amené un sentiment d’être de trop.
Trop émotive, trop envahissante, et parfois pas assez.. Pas assez présente pour les autres. Mon corps se tendait au point d’avoir l’impression d’être ankylosée le matin au réveil. Mes habitudes étaient de ne surtout pas perdre le contrôle sur tout ce que je faisais. Les routines, n’avaient pas de saveurs et je me sentais piégée, en prison dans ma tête. Parfois j’ai encore cette sensation d’être dans ma prison mentale, sauf que je sais où se cache la clé pour m’en libérer : je ne suis pas mon passé, ni ce qui m’est arrivée.
Comment avez-vous vécu la décision de demander de l’aide ? Qu’est-ce qui a facilité cette démarche, ou au contraire vous a fait hésiter ?
Je n’ai jamais eu de mal à demander de l’aide à un psy ou pour prendre la décision d’entamer une thérapie car j’en ressentais vraiment le besoin. J’ai, parfois encore, du mal à reconnaître le moment exact ou j’en avais / ai le plus besoin, ce qui m’a amené plusieurs fois à douter de ce que je ressentais : Suis-je trop émotive ? Est-ce que je suis incapable de me réguler un jour, seule ? Est-ce une simple déprime passagère ? En fais-je de trop ?
Qu’attendiez-vous de la thérapie? Quelles appréhensions aviez-vous au départ ?
J’avais besoin d’un espace et un temps de parole plus long que celui du thérapeute (coucou les psychiatres et leurs 20 minutes de séances…). Je n’attends pas qu’on me dise quel chemin emprunter. Ni d’ailleurs qu’on me conseille ce qui est bon pour moi de faire ou ne pas faire. J’attends seulement d’être écouté, non jugée, respectée sur tous les plans : ma personnalité, mon histoire, mes valeurs…
L’appréhension que j’avais du départ tournait plutôt autour de la peur d’être gavée de médicaments, à cause de mes insomnies. Ce qui m’a provoqué une peur de parler de tous ce que je traversais… Et je n’aurai pas eu envie de coopérer en prenant ces médicaments. Je souhaitais me « confier », qu’on « marche à mes côtés » et qu’on « m’accueille » sans dérouler le tapis rouge. J’avais besoin qu’on m’explique ce qu’il se passait dans ma tête. Mais aussi quand est-ce que je pouvais me planter, sans qu’on me dise « c’est comme ça que tu dois faire ! ». Ce point reste très important, à mon sens.
Comment avez-vous vécu les premières séances et la relation avec votre thérapeute ? Qu’est-ce qui vous a aidé à vous sentir suffisamment en confiance pour parler ?
Les premières séances se sont très bien passées et la confiance était présente. Ce qui m’a aidé à me sentir en confiance pour parler : le temps qu’elle m’a donné pour me permettre de pleurer devant elle sans me sentir de trop. Ça a été un déclic.
Avec le recul, qu’est-ce qui vous a aidé dans cet accompagnement? Qu’est-ce qui a été plus difficile ou vous a manqué ?
La douceur, et la posture de cette psychopraticienne. Elle m’a permis de calmer cette part de moi qui pensait être de trop, et de me sentir légitime.
Ce qui m’a le plus manqué c’est quand les séances se sont arrêtées brusquement, car j’étais majeur et je n’étais plus prise en charge pour une thérapie chez elle. Et j’ai cherché longtemps une psy qui pouvait m’accueillir, un peu de la même manière.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé pour vous? Qu’est-ce qui reste encore fragile ou en chemin ?
Je me sens plus légère et moins sous l’emprise de mes émotions,. Je suis aussi en capacité de laisser passer ce qui encombre !
Mais j’ai toujours du mal à me sentir à ma place.
Merci pour ce témoignage et le courage qu’il a fallu pour déposer les mots, et leur donner du sens…