Psychologie

Je suis sans défenses…

Le principe des défenses psychiques est vaste, il y aura des livres entiers à rédiger autour! Sauf que vous n’êtes pas là pour ça. Plutôt pour pour comprendre lesquelles on peut retrouver le plus souvent, et quelles sont leurs conséquences à court, moyen et long terme. Alors c’est parti, allons à la découverte de votre cerveau!

Combativité ou sublimation :

On transforme l’événement difficile en action positive. L’énergie que l’on mettra en place volontairement supprimera l’abattement, et laissera place à la confiance et l’espoir. Sur le principe, il s’agit d’une défense plutôt orientée résilience. Eh oui, on est dans le « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». C’est vrai, il y a de ça. Quand on arrive à constater que l’évènement compliqué, difficile ou traumatique peut devenir tremplin, on change son angle d’attaque, on transforme son point de vue. Et ce qu’il en ressort est positif!

Le terme de sublimation évoque aussi cette très belle image alchimique. On change le plomb en or. Ce qui pèse en légèreté. Ce qui tire vers le bas en souffle vital.

Déni :

On refuse la réalité. On sait qu’elle existe, qu’elle a pris corps dans des faits tangibles et expérimentables, mais en l’état, il n’est pas possible pour nous de l’accepter, de l’intégrer. Ce n’est même pas une question de repousser l’idée ou l’expérience vécue, juste qu’on ne peut réellement pas l’absorber. Encore une fois ici, il ne s’agit pas de ne pas faire d’effort, mais réellement d’une protection mise en place par le cerveau.

Du coup, nota bene => Ne plus reprocher aux personnes dans le déni qu’elles y soient, justement!

Dénégation :

On connaît la réalité mais du fait de son action inacceptable sur nous, on la rejette purement et simplement. Il y a un peu de mauvaise foi me direz-vous? Hum… Potentiellement on peut le voir sous cet angle. C’est en tous cas la défense utilisé par ceux qui ont du mal à assumer leur part de responsabilité quand tout va mal.

Car oui, spoiler, quand on voit que les choses commencent à partir un peu en vrille, c’est le bon moment pour se demander ce qui a déclenché cet état de fait chez nous. Parfois, effectivement, rien. Mais vraiment strictement rien. Mais le plus souvent, nous avons réveillé quelque chose chez l’autre dont nous n’avons pas pris conscience sur l’instant. Vous savez, quand on titille un peu trop fort le chat qui dormait pénard, à la fin, ça finit avec un grand « AÏE » et une belle griffure. Bah voilà. Fallait pas tirer la queue du chat!

Déplacement :

On transfère ses émotions négatives sur un autre (proche, ami, collègue, thérapeute, …) dont on sait qu’il nous aime assez (ou qu’il est payé pour) pour ne pas nous en vouloir trop longtemps. Ici, il est question quelque part de trouver le bon catalyseur, celui qui ne fera pas sauter la relation, juste le bouchon de la cocotte minute.

Dans le déplacement, il y a aussi une question d’amour. Eh oui, quand votre enfant / ado vient vous en mettre plein la tête pour des raisons que seul lui comprend, nous sommes déjà dans le déplacement. Il s’en prend à vous parce qu’il vous aime, et que vous l’aimez, donc que vous pouvez porter ses émotions avec lui.

Isolement :

On ne s’isole pas soi-même directement, mais avant tout l’évènement, en se détachant de lui. Comme si l’on avait appuyé sur un bouton qui permette de mettre l’expérience dérangeante ou traumatisante dans une boite. Comme s’il nous était possible de faire qu’à l’instant, ça n’ait pas eu lieu. On verra ça plus tard. Quand on le pourra.

L’isolement est utile pour les petites choses du quotidien qui peuvent attendre. Attention toutefois à ne pas trop isoler, au risque de cumuler, encore et encore…

Projection agressive :

On rend l’autre responsable du traumatisme et on l’agresse ouvertement. Ça peut s’approcher du concept de déplacement, mais ici, foncièrement, on se fiche de savoir si l’autre nous aime ou pas, et si nous, on l’aime en retour! Ce qu’on veut, c’est un coupable, quelqu’un que l’on peut rendre responsable de ce qui nous arrive!

Exemple qui parle assez vite et assez bien: dans votre équipe au travail, un de vos collègues vous donne la sensation de ne pas assez en faire. Résultat, le dossier qui devait être rendu pour aujourd’hui ne sera remis que quatre jours plus tard. C’est votre collègue le responsable principal, de n’avoir pas pris au sérieux la tâche. C’est vous le responsable de n’avoir pas levé d’alerte. Mais c’est votre chef qui prendra parce qu’il vous a donné une date buttoir qui vous semblera inadaptée et irréalisable.

Rationalisation :

On cherche des raisons, des réponses, à l’évènement pour le rendre plus tolérable, plus acceptable. C’est ce qui fait que l’on arrive aussi à casser les peurs irrationnelles. On passe l’émotion PEUR du cerveau limbique au cerveau néo-cortex. On applique simplement une couche de compréhension qui permet de la rendre supportable et plus crédible.

En sommes, on part d’un constat de base effrayant (il pourrait me tomber une météorite sur la tête en sortant de chez moi), à une peur raisonnable (c’est un cas qui n’arrive quand même pas si souvent que ça), puis à une peur raisonnée (d’un autre côté, si je ne sors pas, je ne le saurai jamais, et restons sérieux, ça ne risque pas de m’arriver, hauts les coeurs!).

Régression :

On fait quelques pas psychiques en arrière pour retrouver une forme d’équilibre plus stable, dans sa zone de confort connue et éprouvée. C’est incroyablement visible dans le développement de l’enfant avec un besoin de doudou ou de tétine. C’est moins évident chez l’adulte, parce que moins « acceptable » par la société. Et pourtant…

L’adulte qui vient de subir une déception amoureuse peut avoir envie d’une énorme tablette de chocolat. Parce que le chocolat, c’est rassurant, et donc régressif. L’adulte qui a eu peur va avoir besoin de quelqu’un qui va le serrer dans les bras. Parce que c’est rassurant, et donc régressif.

Toutes ces résistances n’interviennent pas en même temps, et l’on peut n’en connaître que certaines, mais jamais d’autres. Cela dépend de notre construction psychique propre. Mais ça peut aussi dépendre du besoin de l’instant. Aucun soucis à cela!

Si vous vous retrouvez dans ces défenses, sachez que c’est la preuve que votre cerveau fonctionne bien. Et si certaines défenses vous semblent compliquées et qu’elles soulèvent des questions, n’hésitez pas, nous pouvons en parler ensemble!

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